• Le 27 septembre dernier, lors d’une manifestation pour la réunification de la Bretagne, plusieurs agressions ont été commises par des militants d’extrême droite à Nantes.

    La réaction de l’Action Antifasciste de Nantes :

    Ces nouvelles agressions nous révoltent mais ne nous surprennent pas. Nous constatons depuis des mois l’augmentation de la présence et des provocations à Nantes dans l’impunité générale. L’extrême droite – qui continue de tisser sa toile dans toute l’Europe – essaie de s’infiltrer dans le mouvement breton, jadis clairement progressiste. On l’a vu notamment à la faveur du mouvement des « bonnets rouges » – dans lequel est impliqué l’un des agresseurs néo-nazis de ce week end. Les fachos semblent bénéficier d’une complaisance de la part du collectif Bretagne Réunie, organisant notamment la manifestation de samedi dernier alors même que des militant-e-s de terrain clairement antiracistes ont été exclus de l’organisation de la manifestation.

    Les médias locaux ont donc rapporté les exploits de quatre néonazis qui ont hurlé des chants racistes puis agressé les agents de la TAN dans un tramway, samedi soir. Ces agressions ne sont pas des accidents, ou le résultat d’un « mauvais délire » comme l’a dit le procureur dans Ouest France du 30 septembre, mais le résultat d’un contexte social et politique et de l’apathie généralisée vis à vis de la gangrène fasciste. Nous apprenons aujourd’hui que cette bande violente a été purement et simplement relâchée par la juge en attendant une comparution dans deux semaines, y compris le néonazi déjà condamné par le passé.

    Engagé-e-s contre toutes les formes de répressions, nous ne pouvons néanmoins que nous étonner de la clémence de la justice à l’égard de l’extrême droite à Nantes. Les dizaines d’opposant-e-s à l’aéroport arrêté-e-s suite à la manifestation du 22 février dernier n’ont pas eu la même chance : perquisitions, comparutions immédiates, harcèlement et souvent lourdes peines de prisons. Notre camarade Enguerrand, qui a écopé d’un an de prison ferme pour un fumigène en est malheureusement l’illustration.

    D’autres exactions de groupes d’extrême droite ont été constatées le même soir, autour d’une heure du matin, en plein centre ville. Un groupe de skinheads néo-nazis, pour certains cagoulés, s’est attaqué à des SDF et des passant-e-s de couleur. Une rixe a éclaté et au moins l’un d’entre eux a fini par être interpellé par la Brigade Anti Criminalité. Le flou persiste sur les suites de cette affaire que la presse n’a visiblement pas jugé utile d’évoquer. A aucun moment pendant la manifestation -au demeurant d’une passivité navrante- les fascistes, pourtant repérables, n’ont été inquiétés. En revanche, un groupe d’antifascistes a été rapidement encerclé puis contrôlé dans une ruelle

    par un groupe de policiers qui ont interpelé une personne.

    Pour rappel, il y a peu de temps encore, en 2011, dans les manifs bretonnes, les fascistes étaient chassés sans ménagement et les flics arrosés de projectiles dans l’approbation générale. Visiblement, en 2014, il vaut mieux faire des saluts nazis, crier des chants racistes et donner des coups que de craquer un fumigène dans une manifestation écologiste. Visiblement, en 2014, il vaut mieux manifester sous les couleurs de l’extrême droite que celles de l’antiracisme.


    Réveillons nous car l’antifascisme est l’affaire de toutes et tous, en Bretagne comme ailleurs.


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