• La parade capitaliste de la Saint Patrick à Dublin

    Le 17 mars est la Saint Patrick, fête nationale dans le Free State, occasion d’une parade à Dublin, dans le genre corso fleuri. Les syndicats légalistes avaient projeté de faire leur propre char pour commémorer le centenaire de la grande grève de 1913, mais ceci a été refusé par le comité d’organisation. Ici un résumé et un commentaire de l’affaire par une bloggeuse républicaine.

    1. Résumé de l’affaire

    Hier, le journal Sunday Times a rapporté le fait que les deux propositions de cars décorés par les syndicats pour la parade de la Saint Patrick, qui cherchaient à honorer la grève de 1913, avaient été refusées par la commission officielle, sous le prétexte qu’aucune des deux ne correspondaient au thème du carnaval. Cette décision a été interprétée comme étant de la « censure culturelle ». Une de ces proposition était un char orné d’une bâche géante, grande comme deux autocars, frappée à l’effigie d’une immense caisse enregistreuse de supermarché et légendée poème September 1913 de WB Yeats. La seconde proposition étant de célébrer la vie de James Larkin.

    Le thème générique de la parade était : « De grandes choses ont lieu si l’on se rassemble ». Voici un extrait de l’article du Sunday Times (dans la partie de l’article qui est payante) : « La direction du Festival Saint Patrick a affirmé : « La proposition n’a pas pu passer le premier examen, puisqu’elle ne correspondait pas au thème du festival. Ce premier examen juge la perspective artistique. Nous leur avons fait part de notre avis sur la direction artistique de leur projet et les avons in

    vités à faire une nouvelle proposition qui remplirait un peu mieux les critères, ce qu’ils n’ont pas fait ». De son côté, Padraig Yeates, cadre du syndicat SITPU a dit : « La parade passe devant la statue de Jim Larkin tous les ans et ils osent dire que Larkin et d’autres syndicalistes ne méritent pas de voir leurs noms honorés dans cette parade. Ce qui est intéressant de remarquer, c’est que les officiels de la commission ne nous ont pas allumés sur la qualité esthétique ou sur le design, mais nous ont carrément dit : « non merci, les syndicats et les ouvriers ne font pas partie de notre programme », ce qui en dit long sur cette parade.

    Source : ici

    2. Commentaire par le blog 1169 and Counting

    Le comité d’organisation responsable de la parade de la Saint Patrick du week end-dernier a empêché les syndicalistes de faire leur char décoré commémorant le centenaire de la grève de 1913. Cela a été (justement) décrit comme un acte de censure culturelle. La raison donnée par cette coterie politicienne en costards-cravates qui dirige la parade était que « le char ne correspondait pas au thème du festival ».

    Ce festival est un événement sponsorisé par la classe politique qui cherche à faire revenir au pays, le temps d’une visite, ceux qui ont été forcés de partir loin d’ici pour des raisons économiques, pour les taxer lourdement. D’un autre côté, le fait que la parade de la Saint Patrick ait banni la représentation de la grève de 1913 est un signal utile qui montre que ce qui a rendu possible ce festival nommé « le rassemblement », c’est la cupidité, qui règne à l’échelle économique et politique et qui frappe la classe ouvrière dans cet Etat. Si ceux qui ont émigré n’avaient pas été forcés de le faire, il n’y aurait pas de finance émigrée à « rapatrier ». Cependant, l’ironie du bannissement du char syndical fait sourire les républicains : le syndicat SITPU fait partie des dindons de la face, lui qui normalement travaille cul-et-chemise avec le genre de comité o

    fficiel rétribué par Leinster House [le parlement de Dublin] qui vient de jeter à la poubelle sa proposition.

    Il serait plaisant de penser que cette « interdiction de char » permette de réveiller les gens du SITPU, et qu’ils prennent conscience de la nature de ces gens qu’ils considèrent comme étant « de leur côté », mais une telle chose n’arrivera pas. Les deux ensembles considéreront cet accroc comme un nid de poule sur leur route, un différend qui sera aplani par leurs représentants autour de quelques apéritifs payés par le contribuable.

    Source : ici


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